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Découvrez le récit de la première étape victorieuse de Davy Beaudart sur les Sables - Les Açores - Les Sables 2010. Belle entrée en matière sous les couleurs de son nouveau partenaire, Innovéa Environnement.. Retour sur une 'belle' étape.
Quelques frissons, inévitables frissons. Ce n’est pourtant pas la première fois que Davy largue les amarres. Mais ces frissons-là sont ceux du grand large, ceux d’une première fois aussi. Nous sommes le dimanche 1er août, et aujourd’hui, Davy Beaudart va s’élancer en solitaire sur l’Atlantique, en course vers l’archipel des Açores. A bord de son mini6.50 n° 674, un pogo2 habitué à de victorieux résultats, il participe à la course majeure du circuit mini 6.50, Les Sables – Les Açores – Les Sables. Souvent, il s’était imaginé dans ce long chenal. Dans ‘le’ chenal du Vendée Globe.. celui où les plus grands marins partent pour un tour du monde solitaire, celui aussi par lequel ils reviennent. A son tour, talent au sang, Davy va devoir emprunter cette veine d’eau de mer. L’aventure est là, au bout de cette haie d’applaudissements. Les frissons saisissent l’homme Davy. Il faut respirer dans ce sasse ouvert, ne pas ressasser les adieux de ceux qui lui sont chers. A bord de son bateau, il part vers les Açores. D’Olonna à Horta, la navigation sera intense, des moments forts qu’il est désormais temps de partager. Le spectacle est assuré pour le départ de la flotte. Le vent est au rendez-vous, 15 nœuds de thermique pour pousser les ambitions. Bon départ pour Davy Beaudart qui pointe à la 5ème position à la bouée de dégagement. Le paquet de tête avant de la prendre sur l’ensemble de la flotte. Sur le plan d’eau, de nombreuses embarcations. Familles, amis, amateurs et autres passionnés sont venus accompagner les premiers bords. Et puis, voilà, le large s’annonce enfin à l’étrave marine d’Innovéa Environnement. Au total, ce seront 1300milles nautiques qu’il faudra parcourir pour rejoindre Horta. Cap au 350. C’est le début du bord, d’un bord, d’un long, très long bord. Une sorte de ligne sur lequel Davy se verra funambule, à avancer avec le meilleur équilibre sur chacune des oscillations de vent qui se manifesteront dans ce tribord amure. Le Golfe de Gascogne est souvent plein de surprises. Davy s’installe aux avants-postes, vers le Cap Finisterre. Pas d’état d’âme, entrée en course intense ; le duel contre Xavier Macaire va commencer, attention dé-golfage, c’est parti. Deux grands gaillards vont alors offrir un incroyable suivi de course aux adeptes terriens qui se régalent désormais devant chacun des relevés de positions qui s’affichent sur les écrans. Premier au Cap Finisterre… c’était un objectif timide mais affirmé sur les pontons d’Olonna. C’est désormais une fière réalité. Davy Beaudart est en tête, mène l’armée des ministes série. Arriba Espana. Les souffleries ont décidé de fêter ça, le vent fort s’emporte. Vive accélération au large du Portugal. Innovéa Environnement file sur l’océan. Davy se souvient de cette nuit grisante : « de mardi à mercredi, je passe toute la nuit à réduire la toile. Le vent souffle et le bateau avance à 10 nœuds, puis à 14, jusqu’à atteindre des pointes à 17 nœuds ! » Le cœur s’emballe alors autant que le compteur. Ok. Davy a compris. Les manches retroussées, il attaque. La monture est fiable, solide, prête à faire face par sa fiabilité. Le leader de la flotte a tellement son bateau en main qu’il arrive même à se reposer dans ces conditions extrêmes. Rester lucide et reposé aura peut-être été un atout décisif. Adéquation parfaite entre l’homme et le voilier. L’écart se creuse. Mercredi matin, Davy a distancé son poursuivant Macaire de 20 milles nautiques, et le troisième de 40. Satisfaction qui donne l’envie de poursuivre en tête, de s’accrocher à la victoire. Il faut tenir, il le faut, se dit alors l’homme du 674. La tâche ne sera pas simple dans ce vent mollissant. Ce mercredi soir, il ne souffle désormais plus qu’à 18 nœuds. Les milles avalés rapprochent le meneur du centre de l’anticyclone. Un nouveau jour, un nouveau système météo, de nouvelles épreuves : lignes de grains à franchir, ces dernières semblent puissantes. Le physique est mis à contribution, les changements de voiles s’enchaînent, mais pas de relâche à bord, Davy tient bon la barre et le rythme. Deux jours de lutte. Vendredi matin marque l’issue de cette zone complexe : Davy est alors second, à quelques 12 milles de Xavier Macaire qui a lui trouvé un bon placement, plus sud, qui lui aura permis de toucher plus de vent et un meilleur angle, pour attaquer la suite. Différence de trajectoire, et échange de places au classement qui n’aura fait que bousculer Davy Beaudart qui ne compte pas en rester là. La victoire, il la veut et il compte bien le prouver : « à cet instant là, je suis passé en code rouge et n’ai plus rien lâcher ! » se souvient-il. Au fil des milles, il revient sur le premier, à terre, la course est passionnante à suivre. Si seulement Davy passait devant.. La dernière nuit, les derniers milles.. Davy Beaudart n’est plus qu’à 1 petit mille de Xavier Macaire. Quelle bagarre. « Le grâle est proche ! » se disait Davy, plus motivé que jamais à l’approche des îles, avant de poursuivre « j’ai toujours préféré être le chasseur que le chassé ». Sourire en coin, rien ne sera laissé au hasard de la dernière nuit. Une bascule de vent bien négociée permet au talentueux skipper d’Innovéa Environnement de s’emparer de la tête. Davy franchit la ligne d’arrivée de la première étape avec seulement 2 milles d’avance ! Incroyable arrivée. Une régate digne des plus beaux matchs race à 1300 milles des côtes d’Olonna. Epoustoufants derniers milles, minuscules effets d’acordéon entre le bateau noir et le bateau jaune. Navigation le long des côtes, au cœur des îles, au pied des superbes falaises. Tout, absolument tout, était beau pour cette arrivée en 1er. Horta aura ce goût particulier de ces endroits chargés d’histoire. «Je suis sincèrement heureux de gagner cette étape, cela me permet d’effacer un peu la déception de la Transat 2009. Là, je suis allée jusqu’au bout, je n’ai rien lâcher et ai parfaitement bien senti mon bateau sur cette longue étape océanique. Maintenant, je vais me reposer, reprendre des forces dans cet endroit magnifique, profitez avec mes amis, et surtout avec ma chérie, venue me retrouver pour savourer à mes côtés le bonheur d’avoir bien navigué » confiait un Davy Beaudart comblé par une étape disputée sans aucune facilité. CT. |